Avec des "si"...

 

 

« Avec des  si, disait-on chez moi, on mettrait Paris dans une bouteille. »  Comme j’ai toujours eu l’imagination débordante, je voyais l’immense capitale française enfermée dans une bouteille, ballottée par les flots de l’océan… un peu comme l’ultime appel au secours de naufragés échoués sur une île déserte. C’est dire que j’ai gardé comme une méfiance fondamentale vis-à-vis de ce petit « si » conditionnel porteur de bien d’incertitude.   

On m’a rapporté un mot de Jean-Paul II à qui un journaliste demandait pourquoi il s’obstinait à continuer sa vie publique en dépit de sa santé défaillante.

« Et si le Christ était descendu de sa croix, que serait-il arrivé ? » a répondu le pape… 

Oui, que serait-il arrivé si Jésus s’était ravisé ?  Il appartient à chacun de répondre selon sa vérité.  Personnellement, je crois bien que je me sentirais comme « Paris dans une bouteille », rapetissée, déracinée, ballottée par l’absurde d’une vie dépourvue du moindre sens.  Il se peut que je me retrouverais, le soir venu, fatiguée, vide de toutes ces heures vécues pour qui, pour quoi ? 

Mais Jésus est resté jusqu’au bout, porteur de son message d’amour, me faisant ainsi prendre conscience de la richesse, de la fécondité d’une vie vécue dans l’Amour, dans l’Amour jusqu’au bout.

Denyse  16-03-2005