ANNEE MARIALE - OCTOBRE 2002 à OCTOBRE 2003

Prier Marie, réciter le Chapelet ou le Rosaire, est devenu, au fil des temps, une nécessité de plus en plus vitale pour toute l'Eglise.  Car, toujours, l'Eglise est en lutte contre les puissances du Mal, et c'est précisément par Marie que Dieu veut donner la Victoire à l'Eglise sur le tentateur, sur l'ennemi de toute paix !  N'est-ce pas pour remercier Dieu, par Marie, que fut instituée la fête du Rosaire, qui se célèbre chaque 7 octobre ?  En l'an 1571, en pleine Mer Méditerranée, les armées des pays alors chrétiens obtinrent la victoire sur les Turcs, au large des côtes de Lépante, en Grèce ; cette victoire fut attribuée à l'intercession de Marie ; et, en remerciement, le Pape de l'époque, Saint Pie V, ordonna la célébration annuelle de la fête de Notre-Dame du Rosaire. 

Un premier objectif pourrait être celui du Pape Jean-Paul II : célébrer une année mariale de octobre 2002 à octobre 2003, une année consacrée à Marie, comme pour implorer d'Elle une aide permettant de faire fructifier les "grâces reçues" lors du Jubilé de l'an 2000.  Je vous recommande de lire à ce sujet la catéchèse du Pape lors de l'audience publique du mercredi 16 octobre 2002.  (Le Pape consacre chaque mercredi matin un temps pour la catéchèse.)  

Prier pour la paix dans le monde : voilà un second objectif que vous pourriez retenir pour cette année 2002-2003.  Toujours, il y a eu des guerres, mais les moyens de communications ne permettaient pas toujours d'en rendre compte. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas : nous savons tout ce qui se passe partout dans le monde.  C'est un bien, et c'est un mal.  C'est un bien, car nous pouvons être ainsi plus proches de tous les hommes.  C'est aussi un mal, car nous ne sommes pas faits pour supporter pareil assaut de mauvaises nouvelles.  De plus, il y a tant de conflits et de guerres dont on ne parle jamais, ou presque pas.  Alors, pourquoi ne pas confier à Marie, par le Rosaire, le maintien de la paix dans le monde ?  Marie, et l'Esprit-Saint, son époux, sont assez puissants, et même Tout-Puissants, pour veiller à l'ordre et à la paix dans le monde entier ! 

Pour illustrer cette année mariale, et afin de mieux mettre en lumière le rôle du Rosaire dans l'Eglise, le Pape Jean-Paul II a rédigé une exhortation apostolique, un document de quelques pages, "Rosarium Virginis Mariae", document dans lequel il propose notamment quelques nouveaux mystères à contempler lors de la récitation du Rosaire.  Il s'agit de ce que le Pape appelle "les mystères lumineux", c'est-à-dire les mystères qui traitent de la vie de Jésus alors qu'il exerce son ministère de Lumière du monde, depuis son Baptême jusqu'au début de sa Passion.  Je les nomme ici : le Baptême de Jésus, les Noces de Cana, l'annonce de l'avènement du Royaume, la Transfiguration, et l'institution de l'Eucharistie.

Le tout premier paragraphe de ce document en contient tout l'esprit.  Je ne citerai que ce passage très significatif : "Avec le Rosaire, le peuple chrétien se met à l'école de Marie, pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l'expérience de la profondeur de son amour.  Par le Rosaire, le croyant puise d'abondantes grâces, les recevant presque des mains mêmes de la Mère du Rédempteur." 

Ceci va me permettre d'ajouter un troisième objectif que vous pourriez envisager cette année : être au service de Marie.  Pensons au Christ Serviteur de l'Eglise : le Christ a souffert pour nos péchés, il est devenu le Serviteur souffrant, d'abord pour la Gloire de son Père, mais aussi pour la Gloire de sa propre Mère.  Une fois conçu et né, Jésus n'a pas eu d'autre objectif dans sa vie que d'aller jusqu'au bout de sa course, sur le bois de la Croix, là il pourrait payer le prix pour notre rachat à tous, mais d'abord et principalement pour le rachat de Celle qui sera un jour la Mère de tous les élus de Dieu : Marie !  Si Jésus notre modèle s'est mis au service de Marie, nous devons nous aussi nous mettre au service de notre Mère commune. 

Là où il nous est permis de communier et de participer à la Passion de Jésus, c'est la communion au Corps et au Sang du Christ.  C'est donc dans la sainte communion que nous pourrons principalement nous mettre au service de Marie.  Comme je l'ai dit dans mon livre : "L'Eucharistie : l'Eglise dans le Coeur du Christ", livre où je cite un saint frère des Ecoles Chrétiennes, le Frère Mutien-Marie de Ciney, «Parlant "de la Sainte Communion pour obtenir la glorification de Marie", le même frère explique : «La Sainte Communion, pratiquée de cette manière, aurait donc pour but de glorifier Dieu en rappelant à Jésus et à Marie leur amour réciproque et en perpétuant, pour ainsi parler, la vie de Jésus aimant Marie, sa Mère (...) Non certes que Jésus soit un moyen d'aimer Marie, que le Créateur soit un moyen et la créature une fin, mais encore une fois, dans l'intention délicate de faire plaisir à Jésus et à Marie qui ont mis l'un dans l'autre toutes leurs complaisances.» (Extraits de l'autobiographie du Frère Mutien-Marie de Ciney, page 76 de l'édition de Tournai, année 1951) 

Bien sûr, la communion eucharistique n'est que l'aboutissement de toutes nos actions quotidiennes : nous ne pourrons nous mettre au service de Marie dans la sainte communion, en aimant Jésus par dessus tout, que si nous pratiquons la charité envers Dieu et envers les hommes durant toute notre journée, et chaque jour que Dieu nous accorde de vivre sur cette terre.  Finalement, lorsque nous contemplons les Mystères de la vie de Jésus en récitant le Rosaire, c'est Marie que nous servons.  Plus notre amour pour Jésus sera grand, plus nous serons au service de Marie. 

Que pourra faire Marie si nous sommes davantage à son service ?  Tout simplement, Marie sera toujours davantage ce qu'elle est déjà : Médiatrice de toutes grâces !  Ainsi, plus nous aimerons Jésus, plus Marie pourra, selon la Volonté de Dieu, exercer sa médiation et répandre ses grâces dans les âmes, à commencer par la nôtre.  Mettons-nous au service de Marie, et la Paix régnera dans le monde !

 

Père Daniel Meynen