Méditation sur une Méditation missionnaire

LA CONGRÉGATION EN PÈLERINAGE

Septembre 2007

 

 

                                      

 

Il n’y a pas à dire !  Le P. Steckling possède l’art de nous faire entrer de plain-pied dans l’esprit de la rencontre prochaine en vue de la préparation du futur Chapitre général, des 29 Provinciaux avec les Oblats d’Afrique du Sud !

Qu’on parle de « Sessions intercapitulaires » ou d’ « Interchapitre », on sait qu’il s’agit là de réunions où vont se discuter, et probablement se régler, plusieurs sérieuses questions bien concrètes. Cela me rappelle, toutes proportions gardées, les nombreux conseils d’administration auxquels j’ai participé dans la compagnie de mon mari.  Bien important d’ailleurs de se réunir pour, selon la formule consacrée, « voir, juger, agir » ! 

Mais voici que le P. Steckling emploie le mot « pèlerinage » et un monde de différences surgit. Le Supérieur Général nous livre tout de suite sa pensée :

«… Cette rencontre est moins formelle qu’un Chapitre; les questions administratives mises à part, l’Interchapitre peut donc ressembler beaucoup à une réunion de famille…

On peut même espérer qu’il devienne un événement inspirateur. Il suffit alors de se rendre compte que tout l’héritage oblat, vécu en tant et tant de pays, est présent tout entier dans un même lieu. « Unis par les liens de la charité et de l’amour », comme dirait St. Eugène, les participants devraient trouver facile d’écouter ce que l’Esprit a à nous dire aujourd’hui, Lui qui le premier a envoyé les Oblats évangéliser les pauvres. »

Toutes ces visites et rencontres vont être des chances pour écouter et réfléchir, comme on le fait en pèlerinage. Quelques Provinces de la Région remontent au temps du Fondateur et je suis sûr qu’il est possible d’y retrouver quelque chose de l’Esprit d’Eugène. La Région a ses saints et ses martyrs comme le Bienheureux Joseph Gérard, Mgr. Mabathoana, Mgr. Yves Plumey. »

Un pèlerinage est par définition un retour aux sources, une quête pour mieux comprendre, un voyage dont on revient avec quelques chose de changé.  Je pense ici à tous ceux qui m’ont parlé de leur expérience de Compostelle, aux nombreux pèlerins qui nous arrivent chaque année pour célébrer Marie à Notre-Dame-du-Cap, à ces lieux de pèlerinages de ma jeunesse,  Beauraing,  Banneux, ou encore l’une ou l’autre petite chapelle érigée dans des lieux retirés d’où je revenais remplie d’une paix qui, l’émotion retombée, me poussait à agir dans l’une ou l’autre direction toujours neuve.

Chaque Vendredi Saint me reporte à ce pèlerinage au Calvaire de mon village en Belgique.   Ce Chemin de Croix aux stations à flanc de montagne, nous conduisait à une petite chapelle blottie au milieu des grands sapins.  Un Christ agonisant, entouré de sa mère et de l’apôtre Jean, semblait attendre notre arrivée pour nous redire comme au disciple bien-aimé : « Voici ta mère, mon fils… ».  Le village entier était là… du moins ceux qui le pouvaient.  Les plus âgés, grimpant la pente escarpée avec peine et misère, arrivaient bien entendu bons derniers. Notre vieux curé lui-même, affligé d’une « surcharge pondérale » dirait-on aujourd’hui, devait chercher son souffle une fois arrivé à la dernière station. Cette montée difficile devenait pour les pèlerins du Vendredi Saint comme une communion aux souffrances physiques du Christ vers le Golgotha.

Mais, enfin arrivé devant  le Jésus agonisant de la petite chapelle, d’année en année, notre Abbé Clesse entonnait de sa belle voix de basse le même cantique à Marie, repris par toute une foule recueillie : « Jésus sur le Calvaire,  nous remit en vos bras, montrez-vous notre mère, guidez toujours nos pas… »

Oui, ce pèlerinage nous donnait une force nouvelle.  Le Chemin de Croix du Vendredi Saint devenait alors autre chose qu’un rappel doloriste des souffrances du Christ Sauveur.  Parce que nous L’avions écouté nous redire : « Voici ta mère, mon fils… » !  En prenant Marie dans nos vies, nous nous acheminions vers la confiance…  La Passion laissait déjà entrevoir réconfort et Résurrection.

Hier à l’Eucharistie, j’entendais le célébrant prononcer : « Quand prendra fin notre pèlerinage sur la terre… ». Que de fois j’ai entendu ces paroles sans vraiment m’y arrêter !  Et voici qu’elles demeurent comme en relief, dans mon esprit et dans mon cœur. Parce qu’elles rejoignent tellement les réflexions que font naître en moi la MÉDITATION MISSIONNAIRE du P. Steckling…  Parce qu’elles m’ont fait prendre conscience que notre vie n’est qu’un passage et qu’au cours de ce pèlerinage tant de richesses peuvent être découvertes… si on prend le temps de s’arrêter, d’intérioriser, de prier…

Alors pourquoi ne pas prendre le temps d’écouter  le message de Vie que le Christ Sauveur nous offre à chaque jour nouveau ?  Pourquoi ne pas prendre le temps d’essayer vraiment de comprendre ceux dont la culture est  différente de la nôtre ?  Nous pourrions certainement recevoir d’eux des recettes d’un bonheur,  invisible pour nous à prime abord…  Nous pourrions revenir à une vision plus juste de notre mission.  Nous pourrions encore continuer à donner, mais aussi apprendre à recevoir ce que ces personnes que nous connaissons si mal ont à nous offrir.

« … Les fils et filles de l’Afrique aiment la vie » ; les Africains sont « ouverts au sens de la famille, de l’amour et du respect de la vie... » écrit encore  le P. Steckling.

Leur amour de la vie, leurs valeurs d’ouverture, de respect, leur sens de la famille ne doivent-ils pas nous interpeller, nous les citoyens des pays industrialisés si bien ancrés dans notre douillet « cocooning » ?  Peut-être serait-il bon de prendre le temps d’écouter ces « fils et ces filles de l’Afrique » d’apprivoiser nos différences, le regard tourné vers le même Christ Sauveur qui nous anime tous. 

Pour, comme aux lendemains de pèlerinage, découvrir qu’il y a des choses à changer dans nos vies…

Pour réapprendre un sens des valeurs qui, parfois, nous fait défaut…

Pour que l’idée-force de ces rencontres africaines, « l’Église, Famille de Dieu », devienne réalité.

 

      Denyse Mostert, Trois-Rivières 
Partenaire Oblate en mission

Province Notre-Dame-du-Cap   07
-09-2007